Tel était le thème du Café débat organisé à la Maison de quartier des Eaux-Vives.[1] Suite aux fortes impressions laissées par la mobilisation autour du sommet sur les habitants de Genève, la quinzaine de participants a d’abord partagé ses réflexions sur l’expérience d’une ville fortement sécurisée et largement barricadée.

Manifestation NoG7 le 14 june 2026 à Genève. Photo: Susanne Schmelter
L’intervention de Susanne Schmelter a ensuite permis d’éclairer l’histoire de ces sommets, les contestations qu’ils suscitent, ainsi que le droit international et le rôle de Genève comme siège d’institutions multilatérales, notamment du Conseil des droits de l’homme. Cette introduction a ouvert la discussion autour d’une question centrale : comment mieux accueillir un tel sommet et surtout ses contestations à Genève ?
Le G7
– Dans les années 1970 : crise pétrolière et fin du système des taux de change fixes (Bretton Woods). Face à une volatilité accrue de l’économie mondiale, les principales puissances économiques de l’époque initient des sommets afin de coordonner leurs politiques en dehors des structures établies, comme celles de l’ONU.
– Lors de sa fondation en 1975, le groupe réunit six puissances économiques : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon et les États-Unis. Le Canada rejoint le groupe l’année suivante.
– Après la guerre froide, la Russie participe aux discussions puis devient membre du G8 entre 1998 et 2014.
– Entre-temps, le G7 ne regroupe plus à lui seul les économies les plus puissantes du monde ; d’autres groupes et réseaux, notamment les BRICS, se sont constitués afin de coordonner des intérêts économiques et politiques.
Son rôle
– À l’origine, l’objectif est de permettre des échanges informels visant à stabiliser la situation économique. Pourtant, dans le contexte de la libéralisation des marchés financiers et du credo néolibéral dominant, peu de mécanismes de régulation sont mis en place. Les sommets élargissent progressivement leur agenda à des questions géopolitiques, environnementales ou de développement, sans pour autant répondre de manière systématique à la volatilité croissante des marchés mondiaux ou aux inégalités économiques.
– L’un des rares moments où ces sommets ont eu des conséquences politiques particulièrement concrètes concerne la gestion de la dette des pays du Sud dans le contexte du « Washington Consensus » de 1989. Les politiques d’austérité et de privatisation alors promues ont eu des effets importants sur le développement des pays concernés, notamment dans les domaines du social, de la santé et de l’éducation.
Les contestations
– La critique fondamentale vise le fait que des puissances économiques se réunissent en dehors du cadre onusien pour défendre leurs intérêts, sans véritable légitimité démocratique et sans transparence sur les procédures de décision.
– Les premières mobilisations apparaissent dès 1984 avec le « The Other Economic Summit » à Londres.
– La première grande manifestation a lieu en 1985 à Bonn, en Allemagne.
– Les formes et l’ampleur des protestations ont toujours reflété les contextes politiques des pays hôtes. Certaines éditions ont suscité davantage de mobilisation que d’autres, souvent sous la forme d’un mélange de contre-sommets et de manifestations.
– Si la question de la légitimité de ces réunions reste le principal moteur des critiques, les thèmes mis en avant sont variés : migration, développement, gestion de la dette, environnement, etc.
– Les débats autour de la légitimité de la violence, qu’elle émane de certains manifestants ou de la police, ont régulièrement accompagné ces mobilisations.
– Différentes tentatives ont également été menées pour associer davantage la société civile aux discussions des sommets. L’expérience des mouvements sociaux montre toutefois que même les dispositifs de dialogue les plus ambitieux ont néanmoins besoin d’une pression exercée dans l’espace public pour produire des résultats.
Le droit international
Le droit international constitue le cadre que tous les États membres de l’ONU sont tenus de respecter. Les manquements répétés de certains États à leurs obligations, notamment celle de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force dans leurs relations internationales (art. 2, §4 de la Charte des Nations unies), ainsi que l’absence d’une autorité exécutive mondiale capable de faire respecter systématiquement ces règles, contribuent à une multiplication des violations délibérées du droit international.
Les institutions multilatérales basées à Genève reposent également sur ce cadre juridique international. La diversité de ces institutions témoigne de l’étendue des domaines de la coopération internationale : le HCR, l’OMS, l’OIT, le Conseil des droits de l’homme, l’Union internationale des télécommunications, l’Organisation météorologique mondiale et bien d’autres.
Genève
Après New York, où siègent le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, Genève constitue le principal centre des institutions onusiennes. Alors qu’à New York se concentrent les principaux organes politiques des Nations unies, Genève accueille notamment le Conseil des droits de l’homme.
Ainsi Genève est aussi le hub de la société civile internationale : des représentants de la société civile du monde entier viennent à Genève pour des sessions du Conseil des droits de l’homme. À cela s’ajoute la présence de nombreuses ONG disposant d’une antenne à Genève, ainsi qu’un écosystème associatif / d’ONG qui s’est développé à proximité des organisations internationales.
De plus – contrairement aux États-Unis –, la Suisse, comme petit pays, s’appuie souvent sur sa neutralité pour proposer son savoir-faire dans les domaines de la médiation et de la facilitation du dialogue.
Et nous ?
Ces aspects ont amené vers la discussion : quelles propositions pour mieux accueillir un tel sommet et surtout les manifestations qui l’accompagnent à Genève ?
Le débat a ainsi oscillé entre le souhait de mieux comprendre les mécanismes de la politique internationale et la recherche de réponses personnelles face à ces enjeux. L’importance a notamment été accordée à l’échelle locale, où l’on a comme individu davantage de possibilités de faire une différence.
Le cadre, chaleureux et animé par la médiatrice culturelle Karine Ben Faour, a permis un débat tel qu’on aimerait en voir plus souvent : convivial, respectueux et ouvert à l’échange de perspectives différentes. Cette expérience a montré l’importance de disposer de davantage d’espaces informels et personnels pour réfléchir ensemble aux enjeux de la politique internationale, qui traversent régulièrement Genève.
[1] Pour des raisons de praticabilité, ce rapport ne revient pas en détail sur l’ensemble des points de vue exprimés, même si plusieurs d’entre eux ont ouvert des pistes intéressantes. Il met ici plutôt en évidence quelques éléments qui ont encadré la discussion. Basé sur les notes de l’intervention et un brouillon de travail, ce compte rendu a été rédigé avec l’aide de ChatGPT pour les formulations. Pour plus d’informations : info@manara-geneva.org
Tel était le thème du Café débat organisé à la Maison de quartier des Eaux-Vives.[1] Suite aux fortes impressions laissées par la mobilisation autour du sommet sur les habitants de Genève, la quinzaine de participants a d’abord partagé ses réflexions sur l’expérience d’une ville fortement sécurisée et largement barricadée.

Manifestation NoG7 le 14 june 2026 à Genève. Photo: Susanne Schmelter
L’intervention de Susanne Schmelter a ensuite permis d’éclairer l’histoire de ces sommets, les contestations qu’ils suscitent, ainsi que le droit international et le rôle de Genève comme siège d’institutions multilatérales, notamment du Conseil des droits de l’homme. Cette introduction a ouvert la discussion autour d’une question centrale : comment mieux accueillir un tel sommet et surtout ses contestations à Genève ?
Le G7
– Dans les années 1970 : crise pétrolière et fin du système des taux de change fixes (Bretton Woods). Face à une volatilité accrue de l’économie mondiale, les principales puissances économiques de l’époque initient des sommets afin de coordonner leurs politiques en dehors des structures établies, comme celles de l’ONU.
– Lors de sa fondation en 1975, le groupe réunit six puissances économiques : la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Italie, le Japon et les États-Unis. Le Canada rejoint le groupe l’année suivante.
– Après la guerre froide, la Russie participe aux discussions puis devient membre du G8 entre 1998 et 2014.
– Entre-temps, le G7 ne regroupe plus à lui seul les économies les plus puissantes du monde ; d’autres groupes et réseaux, notamment les BRICS, se sont constitués afin de coordonner des intérêts économiques et politiques.
Son rôle
– À l’origine, l’objectif est de permettre des échanges informels visant à stabiliser la situation économique. Pourtant, dans le contexte de la libéralisation des marchés financiers et du credo néolibéral dominant, peu de mécanismes de régulation sont mis en place. Les sommets élargissent progressivement leur agenda à des questions géopolitiques, environnementales ou de développement, sans pour autant répondre de manière systématique à la volatilité croissante des marchés mondiaux ou aux inégalités économiques.
– L’un des rares moments où ces sommets ont eu des conséquences politiques particulièrement concrètes concerne la gestion de la dette des pays du Sud dans le contexte du « Washington Consensus » de 1989. Les politiques d’austérité et de privatisation alors promues ont eu des effets importants sur le développement des pays concernés, notamment dans les domaines du social, de la santé et de l’éducation.
Les contestations
– La critique fondamentale vise le fait que des puissances économiques se réunissent en dehors du cadre onusien pour défendre leurs intérêts, sans véritable légitimité démocratique et sans transparence sur les procédures de décision.
– Les premières mobilisations apparaissent dès 1984 avec le « The Other Economic Summit » à Londres.
– La première grande manifestation a lieu en 1985 à Bonn, en Allemagne.
– Les formes et l’ampleur des protestations ont toujours reflété les contextes politiques des pays hôtes. Certaines éditions ont suscité davantage de mobilisation que d’autres, souvent sous la forme d’un mélange de contre-sommets et de manifestations.
– Si la question de la légitimité de ces réunions reste le principal moteur des critiques, les thèmes mis en avant sont variés : migration, développement, gestion de la dette, environnement, etc.
– Les débats autour de la légitimité de la violence, qu’elle émane de certains manifestants ou de la police, ont régulièrement accompagné ces mobilisations.
– Différentes tentatives ont également été menées pour associer davantage la société civile aux discussions des sommets. L’expérience des mouvements sociaux montre toutefois que même les dispositifs de dialogue les plus ambitieux ont néanmoins besoin d’une pression exercée dans l’espace public pour produire des résultats.
Le droit international
Le droit international constitue le cadre que tous les États membres de l’ONU sont tenus de respecter. Les manquements répétés de certains États à leurs obligations, notamment celle de s’abstenir de recourir à la menace ou à l’emploi de la force dans leurs relations internationales (art. 2, §4 de la Charte des Nations unies), ainsi que l’absence d’une autorité exécutive mondiale capable de faire respecter systématiquement ces règles, contribuent à une multiplication des violations délibérées du droit international.
Les institutions multilatérales basées à Genève reposent également sur ce cadre juridique international. La diversité de ces institutions témoigne de l’étendue des domaines de la coopération internationale : le HCR, l’OMS, l’OIT, le Conseil des droits de l’homme, l’Union internationale des télécommunications, l’Organisation météorologique mondiale et bien d’autres.
Genève
Après New York, où siègent le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale, Genève constitue le principal centre des institutions onusiennes. Alors qu’à New York se concentrent les principaux organes politiques des Nations unies, Genève accueille notamment le Conseil des droits de l’homme.
Ainsi Genève est aussi le hub de la société civile internationale : des représentants de la société civile du monde entier viennent à Genève pour des sessions du Conseil des droits de l’homme. À cela s’ajoute la présence de nombreuses ONG disposant d’une antenne à Genève, ainsi qu’un écosystème associatif / d’ONG qui s’est développé à proximité des organisations internationales.
De plus – contrairement aux États-Unis –, la Suisse, comme petit pays, s’appuie souvent sur sa neutralité pour proposer son savoir-faire dans les domaines de la médiation et de la facilitation du dialogue.
Et nous ?
Ces aspects ont amené vers la discussion : quelles propositions pour mieux accueillir un tel sommet et surtout les manifestations qui l’accompagnent à Genève ?
Le débat a ainsi oscillé entre le souhait de mieux comprendre les mécanismes de la politique internationale et la recherche de réponses personnelles face à ces enjeux. L’importance a notamment été accordée à l’échelle locale, où l’on a comme individu davantage de possibilités de faire une différence.
Le cadre, chaleureux et animé par la médiatrice culturelle Karine Ben Faour, a permis un débat tel qu’on aimerait en voir plus souvent : convivial, respectueux et ouvert à l’échange de perspectives différentes. Cette expérience a montré l’importance de disposer de davantage d’espaces informels et personnels pour réfléchir ensemble aux enjeux de la politique internationale, qui traversent régulièrement Genève.
[1] Pour des raisons de praticabilité, ce rapport ne revient pas en détail sur l’ensemble des points de vue exprimés, même si plusieurs d’entre eux ont ouvert des pistes intéressantes. Il met ici plutôt en évidence quelques éléments qui ont encadré la discussion. Basé sur les notes de l’intervention et un brouillon de travail, ce compte rendu a été rédigé avec l’aide de ChatGPT pour les formulations. Pour plus d’informations : info@manara-geneva.org